Le tunisien et la politique ...Cent jours après la révolution

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1 Etude « Le Tunisien & la politique….. Cent jours après la Révolution » Mai 2011

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2 TBC Partners est un nouvel acteur dans le domaine des enquêtes et des études de marché. Notre équipe est composée de chercheurs et de praticiens confirmés dans la réalisation des études de marché, qualitatives et quantitatives, à travers une approche méthodologique fiable et pertinente permettant aux entreprises d’être à l’écoute de leurs marchés. Nous mettons à votre disposition toute notre expertise et notre rigueur professionnelle pour vous permettre de mieux comprendre votre marché afin de vous doter des outils de prise de décision nécessaire à votre réussite. L’équipe TBC Partners

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Contexte et objectifs de l’étude : Méthodologie : Notre enquête a été réalisée à travers un questionnaire électronique auto administré et à travers des interviews face à face auprès d’un échantillon représentatif composé de 1206 interviewés âgés de 20 ans et plus. Dans le cadre d’un sondage d’opinions ayant pour objectif d’apporter une modeste contribution dans notre révolution glorieuse, TBC Partners est fière de lancer cette enquête dans la perspective de s’inscrire, à l’instar de toutes les entités actives de notre pays, dans la mouvance de la révolution. Cette enquête se propose de tirer les conclusions et d’analyser les opinions et prédispositions des Tunisiens à l’égard de la politique et ce après cent jours de la révolution…cette échéance symbolique présente, à notre sens, un repère temporel pour l’appréciation de la révolution d’un Ex non consommateur absolu de la politique.

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4 La cible de l’étude

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5 La cible de l’étude

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6 Résultats et conclusions Il est clair que pour les Tunisiens, le droit à la liberté d’expression constitue incontestablement le premier déterminant de la démocratie. Privés longtemps de ce « luxe », 79.9% des Tunisiens considèrent que la démocratie est avant tout un droit à la liberté d’expression. Toutefois, la définition de cette liberté, de ses règles et de ses limites restent encore ambiguë pour un « citoyen » non encore habitué à cet exercice.

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7 Résultats et conclusions En revanche, 57.5% considèrent que la démocratie signifie la transparence et la justice. Ce résultat exprime le manque de crédibilité et le sentiment d’injustice perçus par les Tunisiens pendant l’ère de l’ancien régime, qui a appauvri et démuni les institutions et les a instrumentalisé. Le Tunisien cherche, dans le cadre de la nouvelle démocratie espérée, à se réconcilier avec ses institutions et ce dans la perspective de retrouver une justice perdue et une crédibilité et confiance dans le système. Ce résultat confirme encore la crise de confiance qui perdure entre « l’homme de la rue » méfiant et les politiques incapables de rassurer le citoyen aussi bien par le discours ou par les actes.

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8 Résultats et conclusions Une autre signification de la démocratie constitue pour 55.7% des Tunisiens une importance fondamentale : Les droits de l’homme. Un slogan tant plébiscité par l’ancien régime et qui, à force de ne pas être appliqué, a perdu tout son sens dans un pays où ces droits universels sont dépourvus de toute signification. Le Tunisien ne peut plus se contenter d’être un consommateur de biens et de services de consommation, mais il veut consommer aussi de « la nourriture politique ». Il voudrait exercer pleinement ses droits sans qu’on lui dicte une liste limitative de ses droits avec le permis et le non permis. Par ailleurs, il s’avère à la lumière de notre étude que la considération du pluralisme politique comme étant un déterminant de la démocratie ne représente que 22.6% des réponses. Ceci peut s’expliquer par deux raisons majeures : Le Tunisien n’arrive pas encore à « faire face » à une diversité d’idéologies politiques. Le nombre « exorbitant » de partis politiques (Plus de 60 à ce jour) est entrain décrédibiliser la qualité pluraliste de l’exercice démocratique.

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9 Résultats et conclusions En outre, il faut noter que 15.5% uniquement des répondants avouent qu’ils considèrent que la liberté de contestation et de manifestation constitue une dimension fondamentale de la démocratie, alors que 8.3% et 7.1% des interviewés considèrent que la démocratie signifie respectivement la possibilité de « servir ses propres intérêts individuels » et de « faire la loi par soi-même ». Ces conceptions péjoratives de la démocratie quoiqu’elles ne sont pas admises par la majorité des répondants constituent, malheureusement, certaines facettes négatives de l’exercice de la démocratie à laquelle le Tunisien n’a jamais été habitué. Les pratiques observées dans la rue et l’attitude de certains groupes de personnes témoignent de cette contradiction entre une vision « idéaliste » de la démocratie et une « pratique anarchique » de cette dernière.

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10 Résultats et conclusions Il faut noter de prime abord que la prolifération excessive des partis politiques rend l’étude de la notoriété de ces derniers une tâche compliquée aussi bien pour la reconnaissance et la mémorisation des noms de partis et encore plus au niveau des perceptions relatives aux courants politiques qu’ils représentent.

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11 Résultats et conclusions Ainsi et pour des considérations purement méthodologiques, nous nous sommes focalisés sur les partis existants (reconnus ou non) avant la révolution. Une étude spécifique et exhaustive sur la notoriété de tous les partis politiques sera réalisée ultérieurement.

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12 Résultats et conclusions Les résultats relatifs à l’étude de la notoriété des différents partis politiques font ressortir un ensemble de constats qui confirment la méconnaissance relative de nos partis. A cet égard, le parti « Ennahdha » affiche le taux de notoriété le plus élevé et ce à raison de 61.4%. Ceci est tout a fait compréhensible et justifiable par l’historique de ce parti, malgré non reconnu tout au long des années précédentes. En outre, un autre parti à vocation islamiste, à savoir « Hizbuttahrir » affiche un taux de 17.1%. Il est clair que le parti Ennahdha constitue un acteur majeur dans la vie politique et présente de ce fait une entité politique de taille aussi bien pour ses partisans ou pour ceux qui n’adhèrent pas à ce courant idéologique. Cette notoriété se justifie également par la clarté du positionnement de ce parti et des grandes lignes de son courant politique. En revanche, le parti « Hizbuttahrir », quoique très proche de « Ennahdha » sur le plan idéologique, se retrouve relativement à l’ombre du premier parti Islamiste en Tunisie.

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13 Résultats et conclusions Pour ce qui est des partis qui constituent ce qu’on peut appeler « Le front progressiste », Le parti « Ettajdid » présente une notoriété qui s’élève à raison de 24.7%, suivi par le Mouvement Démocrate Socialiste avec 23.1% et le Parti Démocrate Progressiste avec 16.9%. Ces résultats sont tout simplement une illustration parfaite des fruits de la politique médiatique et de la stratégie adoptée par l’ancien régime pour écarter toutes les forces politiques du pays et d’anéantir leur rôle et leur présence sur la scène politique. Depuis la révolution et malgré une présence médiatique relativement pesante de ces partis et de leurs leaders, la notoriété de ces partis demeure relativement faible. A leurs tours, d’autres partis sont loin d’être réellement connus par les Tunisiens, à l’instar du Parti Unioniste Populaire qui affiche 15.20%, le Parti communiste des ouvriers Tunisiens avec 16.4%, le Forum pour la Démocratie et les libertés avec 12% ou le congrès pour la république avec 8.5%.

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14 Résultats et conclusions En outre, il faut noter, également, que les autres partis ayant fait l’objet de notre étude ont affiché des taux de notoriété parfois marginaux. Ces constats, confirment donc « un capital notoriété » qui reste à développer pour l’ensemble des partis Tunisiens, mais aussi et surtout un positionnement politique clair et distinctif. Il faut souligner que la prolifération des partis politiques et la similitude, parfois même lassante, des noms de partis, est loin de simplifier la tâche aux Tunisiens, qui, en l’absence d’un discours clair et d’une vraie stratégie de communication, se retrouvent désorientés et incapables de reconnaitre et d’identifier les partis. L’exigence de l’adoption d’une politique de communication politique adaptée et ciblée devient de plus en plus une nécessité absolue pour se faire connaitre et pour se positionner dans l’ensemble évoqué des Tunisiens.

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15 Résultats et conclusions Cette question a représenté une interrogation centrale dans le cadre de notre enquête étant donné l’importance de faire le bilan des perceptions relatives aux positionnements relatifs des différents partis politiques.

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16 Résultats et conclusions

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17 Résultats et conclusions L’objectif étant de voire dans quelle mesure les Tunisiens ont pu comprendre et positionner les partis en référence aux différents courants politiques. Un premier constat illustre la difficulté exprimée par les Tunisiens à cerner les positionnements des différents partis. Ainsi, et à l’exception du parti « Ennahdha » pour lequel le positionnement est clairement défini, en tant que parti Islamiste, et ce pour 48.3%, les autres partis souffrent d’un réel problème en matière de perception d’une tendance politique claire et distinctive : Plus de 80% des interviewés n’arrivent pas à positionner chacun des partis politiques. Des confusions importantes, une dispersion remarquable des réponses et des positionnements, parfois même en totale contradiction avec la tendance politique réellement annoncée et adoptée par le parti. Il faut dire que les répondants se sont référés, en grande partie, au noms des partis pour identifier leurs tendances politiques. Toutefois, ceci n’a pas permis réellement au Tunisiens d’identifier les idéologies respectives des partis politiques.

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18 Résultats et conclusions A ce propos, nous pouvons expliquer ce problème de positionnement par trois raisons principales : Une méconnaissance de la signification et des fondements spécifiques à chaque courant politique. Une incapacité des partis politique à définir et à communiquer clairement leurs positions et leurs approche politique ou les axes et les fondamentaux de leurs projets. Une volonté de la part des partis politiques à « plaire » et se conformer à une tendance « populiste révolutionnaire », chose qui a fait sombrer le discours de la majorité de ces partis dans l’ambiguité et le flou, sans qu’ils expriment clairement une orientation politique claire et un projet socio-économique bien défini. Ainsi, la majorité des partis adopte un discours basé sur « ce que le Tunisien veut entendre » et non sur « les vrais fondamentaux du projet politique » du parti. Il va sans dire que le manque d’expérience et d’effort communicationnel des partis ainsi que les enjeux électoraux immédiats de l’assemblé constituante, peuvent apporter une explication à ce problème de positionnement politique.

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19 Résultats et conclusions Le déroulement de la révolution Tunisienne et ses circonstances spécifiques ont été marqués par l’implication d’une manière plus ou moins significative des organisations et des institutions de la société civile. Le rôle de cette composante de la scène socio-politique dans ce qui se passe dans notre pays est loin d’être négligeable, bien au contraire, d’ailleurs, l’implication de plusieurs organisations dans la prise de décision témoigne du poids que représentent ces organisations tant marginalisées avant la révolution. A cet égard, l’étude de la notoriété des différentes institutions de la société civile dégage les résultats suivants :

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20 Résultats et conclusions Il est clair que L’Union Générale Tunisienne du Travail UGTT est incontestablement l’organisation la plus connue de la société civile et ce avec un taux de notoriété de 77.6%. Il faut dire que l’histoire de cette organisation et sa contribution considérable dans la scène socio-politique depuis l’indépendance, ainsi que son rôle d’encadrement de la révolution expliquent en grande partie le poids encore plus pesant de cet acteur majeur. Par ailleurs, les avis divergent en terme d’appréciation du rôle de L’UGTT dans la phase de l’après révolution et ce notamment par rapport à son implication tant critiquée dans l’exercice politique, ainsi que son rôle potentiel dans les mouvements de grèves et de contestations.

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21 Résultats et conclusions D’autre part la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme affiche un taux de notoriété de 39.3%. Ceci illustre les effets de la marginalisation de cette organisation qui a, longtemps, lutté contre les abus de l’ancien régime. Toutefois, il faut dire que son rôle devra être plus imposant et doit, de ce fait, sensibiliser davantage les tunisiens de ses domaines d’intervention et de son rôle dans l’étape de l’après révolution. Le Front du 14 janvier, constituant une coalition d’organisations de la société civile et de partis politiques affiche un taux de notoriété de 65.1%. Ce résultat constitue une illustration de l’intérêt exprimé par les Tunisiens à l’égard des différents acteurs dont l’activité a été fortement rattachée aux contexte de la révolution. Enfin, notons que le Conseil National des Libertés en Tunisie affiche 17.8% en terme de notoriété. Il est clair qu’hormis l’UGTT qui se positionne comme étant le principal acteur de la société civile, beaucoup reste à faire pour les organisations afin de se faire connaitre et de sensibiliser les Tunisiens de leurs rôles et domaines d’intervention.

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22 Résultats et conclusions L’interrogation sur la définition que se font les Tunisiens du rôle des partis politiques est justifiée par la volonté de cerner clairement la perception de ce rôle assez confus et mal défini dans l’ère de l’ancien régime où primait l’hégémonie du parti unique qui monopolisait la vie socio-économique en privant les Tunisiens de leur droit à la diversité d’approches. Après la révolution, et dans un contexte de pluralisme surprenant et remarquablement diversifié, les Tunisiens commencent à se faire une perception de la mission et des rôles joués par les partis. Dans ce cadre, 58.9% des répondants considèrent que le premier rôle d’un parti politique se résume à « La participation aux élections en vue de s’approprier du pouvoir ». Ce résultat suscite plusieurs remarques :

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23 Résultats et conclusions Cette conception du rôle des partis politiques présente une vision assez « péjorative et réductrice » de ce rôle. Le Tunisien est encore sceptique à l’égard des partis, et la multiplicité spectaculaire de ces derniers ne fait que confirmer ce sentiment. « L’engouement » à la création des partis n’a fait que consolider cette méfiance justifiée par une crise de confiance dans les hommes de la politique et notamment par rapport aux motivations d’accéder au pouvoir aussi légitimes soient-elles.

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24 Résultats et conclusions Toutefois, 46.9% considèrent que le rôle d’un parti politique est de défendre des idées et des principes, ce qui constitue une vision plus « optimiste » pour la considération de la mission des politiciens. Cette vision reste tributaire de la crédibilité des idéologies et des conceptions proposées. En revanche 39% considèrent que ce rôle est de « soumettre au peuple un système de gouvernement », ce qui illustre l’exigence de proposer un « vrai projet politique, social et économique ». Il faut dire, à ce propos, que cette considération doit stimuler les politiciens à mieux définir et préciser les axes de leurs projets politiques en cessant de jouer sur « l’émotionnel révolutionnaire » du peuple et sur le sentiment de « frustration de l’ère dictatoriale ». Ce constat illustre une assez bonne maturité politique qui commence à se faire sentir dans la considération du fondement même de l’exercice politique.

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25 Résultats et conclusions Le premier constat majeur inhérent à l’interrogation relative au rôle des organisations de la société civile fait ressortir que 61.7%considèrent que cette composante doit assurer « une complémentarité avec les partis politiques et veiller au respect de la démocratie ». Ceci illustre une perception basée sur « la non neutralité politique » de ces intervenants qui, ont représenté avant, pendant et après la révolution une force de contre poids vis-à-vis du gouvernement dans un contexte politique et les repères et les territoires et domaines d’intervention tardent encore à être bien définis. Ceci se confirme davantage par les opinions de 37% et 19.2% des répondants qui définissent, respectivement, ce rôle comme étant un « rôle d’opposition au pouvoir » et une « alternative à l’action politique ».

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26 Résultats et conclusions Cette considération du rôle politique des organisations de la société civile a en toute logique relégué en deuxième plan leur « vraie » mission de canalisation et d’intervention dans les domaines non politiques, ainsi que la défense des intérêts sociaux et professionnels. D’ailleurs, seulement 27.9% et 26.6% des répondants avancent, respectivement leurs conceptions dans le cadre d’une vision sociale et civile. Le rôle si important de cette composante de la scène socio-politique exige une meilleure définition.

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27 Résultats et conclusions Le Tunisien était toujours dans une situation de rupture totale avec la scène politique tant monopolisée par le discours et l’approche unique et totalitaire du régime révolu. Ceci a impliqué un désengagement de la vie politique ou une implication obligatoire basée sur le suivisme, ce qui a remis en cause les fondamentaux de l’exercice politique. Cent jours après la révolution, 47.1% des Tunisiens considèrent que la politique est un système d’interaction et d’échange ayant pour finalité l’exercice du pouvoir. Cette appréhension « pécuniaire » se confirme par les avis de 35.8% des répondants qui considèrent les politiciens comme étant des « profiteurs » qui cherchent à servir leurs intérêts individuels.

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28 Résultats et conclusions En outre 23.8% des répondants considèrent que l’exercice politique est un « luxe » qui relève de la responsabilité d’une certaine élite. Ce constat approuve la « rupture » entre l’homme de la rue et la politique et anéanti le rôle de la masse dans l’orientation et l’évolution de la scène politique dans le cadre d’une relation verticale. En revanche, seulement 22.9% des Tunisiens appréhendent la politique dans sa conception idéologique basée sur l’interaction et l’échange entre diverses conceptions de la société.

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29 Résultats et conclusions Ces résultats constituent à notre sens des indicateurs qui se rapportent aux constats suivants : Le Tunisien tarde encore à se définir un rôle dans l’exercice politique et se réconcilier avec ce « monde » vis-à-vis duquel, il reste encore sceptique et méfiant. Le Tunisien reste encore sans repères et n’arrive pas à se positionner en tant qu’acteur influant dans l’exercice politique et reste encore imprégné par des années de marginalisation et de manipulation d’un peuple qui n’a jamais connu un réel exercice politique démocratique où il pouvait jouer pleinement son rôle d’arbitre. La mauvaise image de marque des politiciens représente un frein majeur à l’implication du Tunisien dans l’exercice de la politique.

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30 Résultats et conclusions Ce sondage des perceptions est loin d’être un avant goût des intentions électorales à l’égard de ces personnalités politiques. Il s’agit plutôt de faire un bilan de l’appréciation de ceux qui, depuis la révolution, constituent des acteurs plus ou moins présents sur la scène politique et qui étaient pour la majorité quasiment méconnus par les Tunisiens.

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31 Résultats et conclusions Les résultats parlent d’eux-mêmes et à cet égard, les constats suivants peuvent être avancés : Une neutralité voire une indifférence à l’égard des personnalités politiques. Une relative appréciation des personnalités les plus médiatisées : le chef du gouvernement et le leader du mouvement Ennahdha sont en tête.

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32 Résultats et conclusions Les médias à vocation politique constituent dans les pays démocratiques, le premier moyen de communication pour les partis. Cette importance nous a poussé à s’interroger sur l’état des lieux dans notre pays malgré le nombre limité de ces supports ainsi que les problèmes de censure.

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33 Résultats et conclusions Le journal du parti dissout est incontestablement le plus connu à raison de 34.4%. Ce résultat est tout à fait compréhensible étant donné le poids de la machine médiatique de l’ancien régime. Les journaux des autres partis sont, au meilleur des cas connus à raison de 7.4% pour le journal « AlMawkif » du parti démocrate progressiste et qui était, dans une certaine mesure, l’un des rares médias qui faisait de la vraie opposition. Désormais, et avec les nouvelles donnes de l’après révolution, les partis politiques doivent s’engager dans une politique communicationnelle permettant une diversité médiatique réelle et permettant une diversité constructive et offrant un « bon produit politique ». Les médias jouent incontestablement un rôle majeur dans la vie politique, avec notamment les réseaux sociaux et éventuellement le cas échéant des radios ou chaines politiques, ce rôle ne peut qu’être déterminant à dessiner une nouvelle scène politique.

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34 Résultats et conclusions Ce taux aussi considérable soit-il, reste assez limité et révèle encore le scepticisme qui perdure encore à l’égard de la politique. Cette méfiance peut être encore expliquée par la volonté d’une bonne partie du peuple Tunisien de retrouver une certaine stabilité économique et sociale et surtout sécuritaire qui tarde encore à être retrouvée à cause , entre autres en raison du bras de fer entre les différents acteurs politiques. Les intentions de participation à la vie politique est indicateur sur le nouvel état d’esprit du Tunisien « post révolution ». Il est remarquable à constater, à ce propos, que seulement 47.8% des Tunisiens envisagent de participer dans la vie politique.

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35 Résultats et conclusions Les intentions d’adhésion dans un parti politique s’élèvent à 20.1%, ce qui constitue un taux relativement faible et qui exige de la part des partis un effort de mobilisation et de recrutement des adhérents : les tentatives dans cette perspectives n’ont pas tardé à s’exprimer et un Marketing politique se dessine. En revanche, 36.5% se contenteront de participer dans la vie politique par le vote. Ce qui constitue également un taux relativement faible, étant donné les exigences et les enjeux de représentativité et de légitimité escomptés à l’occasion de la prochaine échéance électorale.

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36 Résultats et conclusions Les intentions d’adhésion par parti politique confirment le constat discuté au niveau des questions précédentes et ce relativement au désengagement du tunisien et son scepticisme et méfiance à l’égard des partis politiques. En plus, la prolifération spectaculaire de ces derniers pendant les mois qui ont suivi la révolution est loin d’atténuer ce sentiment.

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37 Résultats et conclusions Le pluralisme excessif et l’absence de positionnement politique distinctif ont fait que le passage d’une scène politique en situation de monopole à une situation théoriquement fortement concurrentielle sont loin de rassurer et motiver le Tunisien.

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38 Résultats et conclusions Pour les Tunisiens n’envisageant pas de de participer dans la vie politique, plusieurs freins sont exprimés. Ainsi, 39.7% avouent que le principal frein est le désintéressement à la politique… Malgré l’euphorie de la révolution, une bonne partie des Tunisiens demeurent distante d’un monde qui est encore loin de les séduire pour s’y impliquer.

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39 Résultats et conclusions En revanche 10.1% des répondants expriment clairement leur pessimisme à l’égard de l’évolution de la démocratie dans notre pays et considèrent qu’on ne deviendra jamais un pays démocratique. Il faut dire que certaines pratiques anarchiques de la démocratie justifient dans une certaine mesure ce sentiment. Dans une autre mesure, 9.9% et 6.4% des interviewés présentent respectivement les freins liés à « La non connaissance des fondamentaux des partis politiques » et « La peur de s’engager dans un parti »…. Ces résultats confirment davantage le scepticisme du tunisien à l’égard de la politique ainsi que l’exigence, pour les partis, de réduire voire d’anéantir les freins à « la consommation de la politique ».

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40 Résultats et conclusions

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41 Résultats et conclusions Enfin et pour ce qui est de l’étude des motivations d’adhésion dans un parti politique, 35.6% des Tunisiens considèrent que c’est un moyen d’expression de leur fierté. Cette motivation se confirme par une autre relative à la « volonté de servir le pays et la défense de la révolution » et ce pour 35.3%. Ces constats illustrent l’effet « révolutionnaire » sur une bonne partie des Tunisiens et qui voient, désormais, en l’exercice politique un devoir patriotique et un moyen d’expression de soi. Le besoin d’appartenance est de plus en plus un Leitmotiv pour les Tunisiens, malgré assez désorientés et incapables de cerner les positionnements des partis. D’ailleurs seulement 7.4% des répondants envisagent de s’engager en politique tout en ayant une vision claire de l’idéologie du parti auquel il compte adhérer. Notons également que seulement 3.2% des Tunisiens ayant des intentions de s’impliquer dans un parti politique sont motivés par le charisme du leader. Ceci appuie encore les constatations faites dans le cadre de cette étude et qui révèlent un faible capital de crédibilité et de charisme des personnalités politiques.

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42 Les perspectives et les enjeux d’un Marketing politique en Tunisie Les résultats dégagés par la présente étude permettent de tirer plusieurs conclusions qui devront être interprétés par les politiciens et tous les acteurs influant sur la scène politique Post-révolution et ce en vue de dresser les axes et les orientations de l’étape future : Un consommateur politique inexpérimenté, encore hésitant et sceptique à l’égard des politiciens. Absence de discours et de prise de position claire de la part des partis. Une « offre politique » assez désorientée et confuse et encore basée sur « l’émotionnel révolutionnaire » en l’absence de vrais projets politiques. Absence de réels leaders ayant une légitimité révolutionnaire ou idéologique : Pas de référentiel, pas pouvoir de mobilisation.

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43 Le marketing politique est l’ensemble des moyens modernes qu’utilisent les partis politiques pour tenter d’influencer l’opinion et en particulier les électeurs; ces moyens concernent en premier lieu l’étude du corps électoral, en second lieu l’élaboration des stratégies de communication, et en troisième lieu l’organisation et la conduite des campagnes électorales. L’opportunité d’un Marketing politique en Tunisie

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44 I- Exigence de comprendre les Tunisiens: Les attitudes politiques fondamentales des Tunisiens : l’intérêt pour la politique, l’attitude à l’égard du changement ,… Les attitudes des Tunisiens à propos des problèmes d’actualité : degré de satisfaction ou de mécontentement à l’égard de la situation actuelle, sujets principaux de préoccupation, opinions,… Les enjeux perçus de la révolution : Ce qu’attend le Tunisien de sa nouvelle Tunisie. L’image des partis politiques ainsi que les attitudes (ou jugements d’ensemble) à leur égard. Les exigences d’un Marketing politique en Tunisie

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45 II- Exigence de bâtir un positionnement politique clair et distinctif: Les partis politiques doivent : rassurer les Tunisiens et comprendre leurs réels attentes. Définir et annoncer un projet politique qui engage le parti et le positionne clairement par rapports à ses choix socio-politiques et économiques. Contribuer à cultiver politiquement les Tunisiens et les sensibiliser des enjeux et des risques relatifs à la construction d’une nouvelle démocratie. Rompre avec les discours démagogiques et arrêter de jouer sur l’émotionnel de la révolution.

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