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Dans la partie gauche du dessin figure un ours qui est l'allégorie traditionnelle de l’URSS
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L’animal porte ici en guise de médaille les symboles du communisme que sont la faucille et le marteau. Ces deux outils qui figuraient alors sur le drapeau de l'Union soviétique et sur la plupart des oeuvres de propagande font référence aux paysans et aux ouvriers qui ont mené la Révolution russe de 1917.
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Par son attitude statique, sa forte corpulence et son engoncement dans un costume trop serré, cet ours rappelle à quel point l'URSS offrait à la fin du XXè siècle, l'image d'un pays sclérosé, monolithique, empêtré dans les lourdeurs administratives. Le pays souffre alors considérablement de l'immobilisme de ses dirigeants qui s'interdisent toute remise en question des fondements idéologiques du régime alors même que la situation économique devient catastrophique. L'âge avancé du personnage peut être perçue comme un clin d'œil à la dérive gérontocratique du début des années 1980 ; en effet, le parti porte alors au pouvoir des vieillards - Andropov, 68 ans, est nommé secrétaire général du Parti en 1982 et doit quitter ses fonctions l'année suivante pour raisons de santé ; Tchernenko qui lui succède à l'âge de 72 ans meurt seulement deux ans après sa prise de pouvoir.
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Par son expression glaciale cet ours incarne toute l'inhumanité d'un système responsable de la mort de millions d'hommes. Tout dans ce dessin concourt donc à présenter l'URSS comme un pays à l'agonie, incapable d'engager des réformes, un pays qui, avant de disparaître définitivement de la scène internationale, donnait déjà de nombreux signes de faiblesse comme en témoigne le visage moribond du plantigrade. La représentation de ce personnage sous les traits d'un défunt dont on aurait conservé le portrait encadré fait référence aux événements de 1991 qui ont conduit à la disparition de l'Union soviétique et à son éclatement en une multitude d'Etats indépendants. Aux yeux des USA, l'ennemi d'hier qualifié par Reagan d'Empire du mal (Evil Empire), est donc définitivement mort et l'affrontement des Blocs n'est plus d'actualité.
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Pourtant le nouvel ordre international qui se met en place ne semble pas garantir plus de sécurité. En effet, la torche échangée entre les deux personnages évoque certes la disparition du "Grand Satan" soviétique mais aussi l'émergence d'un nouvel ennemi beaucoup plus sournois : le fondamentalisme religieux qui prend ici les traits d'un Taliban dont la longue barbe est le signe ostentatoire de l'islamisme radical.
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Les Talibans incarnent l'islamisme dans ce qu'il a de plus extrême. Il s'agit d'étudiants fanatisés qui s'étaient emparés du pouvoir en Afghanistan en 1997 avant l'intervention américaine de 2001 et qui faisaient une lecture très radicale du Coran. Viscéralement opposés aux valeurs occidentales ces fondamentalistes appliquent très strictement les principes de la Charia - la loi islamique - tout en menant une Guerre Sainte - le Djihad - contre ceux qu'ils perçoivent comme des infidèles, au premier titre desquels les Occidentaux. Les colliers de balles en bandoulières évoquent d'ailleurs l'activisme de ces fous de Dieu qui soutiennent le terrorisme international par le biais notamment de l'installation de camps d'entraînement pour kamikazes en territoire afghan. Certains d’entre-eux figuraient parmi les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 commandités par le saoudien Oussama Ben Laden.